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<toroxml>
    <encaste dateCreation="10/1885" id="po_ro" img="../img/enc/po_ro.jpg" nom="pablorromero" rang="13">
        <txt lang="fr">Le toro placé ici en en-tête est typique du pablorromero moderne, tant par sa
            morphologie et sa tête triangulaire que par sa robe et son armure. Il s&apos;appelle
            &quot;JOYERITO II&quot; : c&apos;est le frère du fameux &quot;JOYERITO&quot; primé à
            Madrid lors de la San Isidro 1999, mais il n&apos;en a pas eu la qualité, hélas !<pb/>
            <pb/>
            <b>
                <u>VOUS AVEZ DIT GALLARDO ?...</u>
            </b>
            <pb/>
            <pb/>
            <b>Constitution de l&apos;encaste pablorromero</b>
            <pb/>
            <pb/> Il n&apos;y a plus aujourd&apos;hui dans la cabaña brava que quelques restes de la
            caste <nenc id="gl">gallardo</nenc> : censément croisés et fondus dans la caste <nenc
            id="cb">cabrera</nenc> chez <nenc id="mra">miura</nenc> ; censément plus visibles chez
            PABLO ROMERO. Le toro de PABLO-ROMERO est formé par la réunion de deux grands courants
            de sang : le <nenc id="jj">jijón</nenc> croisé avec du <nenc id="cb">cabrera</nenc>, et
            le <nenc id="gl">gallardo</nenc> principalement croisé avec du <nenc
            id="vz">vázquez</nenc>. Le gallardo est considéré comme l&apos;encaste dominant, mais il
            est assez difficile de préciser exactement jusqu&apos;à quel point. Il faut noter que
            les castes gallardo et cabrera sont d&apos;origine quasiment identique au XVIIIe siècle
            ; cependant, si elles présentent aujourd&apos;hui de notables différences,
            particulièrement au point de vue morphologique, ce n&apos;est pas seulement en raison du
            type de sélection des ganaderos au fil du temps : il semble bien que dès le début ces
            deux origines avaient des différences d&apos;aspect notables. Voici <ill
                img="po_ro06.jpg" type="image">2 toros actuels</ill>, de quelque 600 kg. chacun (650
            pour le miura !) ; à gauche et en couleur, le pablorromero, à droite et en noir et
            blanc, le miura : la juxtaposition est éloquente...<pb/>  A noter en outre que le
            gallardo contient dès l&apos;origine des traces de <nenc id="nv">navarro</nenc> (cf.
                <nenc id="po_ro_pre">pré-pablorromero</nenc>) et qu&apos;on lui a certainement
            rajouté, avant qu&apos;il n&apos;arrive aux mains des PABLO-ROMERO, du cabrera et du
            vázquez, et même du <nenc id="hdlg_bqr1">hidalgo barquero (1)</nenc>, un encaste
            composite formé de <nenc id="vz">vázquez</nenc> X <nenc id="cb">cabrera</nenc> X un peu
            de <nenc id="vh">vistahermosa</nenc>. <pb/> Une fois les deux grands courants de sang
            réunis, les PABLO-ROMERO ont rajouté encore : d&apos;abord, <i>probablement</i> du <nenc
            id="cb">cabrera</nenc> passé par <nelv id="rmr_blmsd">Ramón ROMERO-BALMASEDA
            BARBIERI</nelv>, un grand-oncle du ganadero fondateur ; puis <i>peut-être</i> du <nenc
            id="vh">vistahermosa</nenc> des <nelv id="arrbs_fb2">Hermanos ARRIBAS (2)</nelv> ; et
            <i>certainement</i> du <nenc id="sltl">saltillo</nenc>, voire ensuite du <nenc
            id="bnd">buendía</nenc>, comme on l&apos;explique au paragraphe suivant. Mosaïque
            d&apos;encastes divers, on n&apos;en considère pas moins que le pablorromero est, par
            son type et son comportement, l&apos;unique survivant des anciens et fameux <nenc
            id="gl">gallardo</nenc>. Pourquoi ? C&apos;est par une sélection sévère qui privilégie
            et renforce cette lignée, disent la plupart des commentateurs. <pb/>
            <pb/>
            <i>
                <b>Il existe une autre hypothèse, qui serait fort séduisante ; mais elle aurait
                    besoin d&apos;être confirmée :</b>
            </i>
            <pb/>
            <pb/>
            <i>Il est acquis que la ganadería de <nelv id="po_ro1">Felipe de PABLO y ROMERO</nelv>
                vient de l&apos;achat de celle du sévillan <nelv id="crd_gl2">Carlos CONRADI
                GALÍN</nelv> en octobre 1885. Il est très généralement admis qu&apos;il s&apos;agit
                la ganadería de <nelv id="lft_cstr">Rafael LAFFITTE y CASTRO</nelv> que CONRADI
                GALÍN n&apos;a gardée que 10 mois tout au plus ; c&apos;est du <nenc
                id="po_ro_pre">pré-pablorromero</nenc>, extrêmement métissé et en piteux état. Mais
                en 1884, Carlos CONRADI avait déjà acquis les 2/3 de la <nevg
                    id="gzlz_nd_a1">première ganadería</nevg> de <nelv id="gzlz_nd_a">Ángel GONZÁLEZ
                NANDÍN</nelv> : du <nenc id="cb">cabrera</nenc> des origines, croisé de pur <nenc
                id="gl">gallardo</nenc> des origines (par <nelv id="vrl">Domingo VARELA</nelv>)
                depuis quelque 45 ans et n&apos;ayant guère connu de vicissitudes : pourquoi une
                partie de cette branche de 1884 n&apos;aurait-elle pas fait partie, elle aussi, de
                la transaction ? Le &quot;miracle&quot; du ganadero (de toute façon exceptionnel !)
                qui est parvenu à &quot;ressuciter&quot; les anciens gallardo y perdrait un peu de
                son aura ; mais la vraisemblance y gagnerait beaucoup... [<b>Pour davantage de
                    précisions, voir le &quot;Second correctif&quot;, en italique, de la <nevg
                        id="po_ro1">fiche élevage</nevg> - mais voir aussi le &quot;Premier
                    correctif&quot;, pour l&apos;ajout possible de <nenc id="cb">cabrera</nenc> de
                    qualité (voire de <nenc id="hdlg_bqr2">hidalgo barquero (2)</nenc> ?), qui de
                    toute façon ne change pas grand chose à l&apos;encaste.</b>]</i>
            <pb/>
            <pb/> L&apos;amalgame des deux courants de sang (<i>schématiquement :  {<nenc
                id="gl">gallardo</nenc> X <nenc id="vz">vázquez</nenc>} X {<nenc
                id="jj">jijón</nenc> X <nenc id="cb">cabrera</nenc>}</i>)  est réalisé, sans succès,
            par <nelv id="lft_cstr">Rafael LAFFITTE y CASTRO</nelv> ; on l&apos;appelle ici
            l&apos;encaste <nenc id="po_ro_pre">pré-pablorromero</nenc>. Il est repris en mains par
                <nelv id="po_ro1">Felipe de PABLO y ROMERO</nelv>, le fondateur de la dynastie
            PABLO-ROMERO, avec grande réussite [... et peut-être, si on retient les hypothèse
            ci-dessus, à l&apos;aide d&apos;un troisième et excellent courant de sang : <nenc
            id="gl">gallardo</nenc> X <nenc id="cb">cabrera</nenc>... voire un quatrième, cabrera].
            Ce Felipe et/ou son fils... Felipe y ajoute(nt), peut-être au début du XXème siècle, du
                <nenc id="vh">vistahermosa</nenc> des <nelv id="arrbs_fb">Frères ARRIBAS</nelv> car
            il(s) gére(nt) cet élevage pendant quelques années à l&apos;occasion d&apos;une
            succession où l&apos;épouse de Felipe père, une LLORENTE, est concernée. Felipe fils,
                <nelv id="po_ro2">Felipe PABLO-ROMERO Y LLORENTE</nelv>, ajoute certainement du
                <nenc id="sltl">saltillo</nenc> entre 1914 et 1917, car il est l&apos;exécuteur
            testamentaire du <nelv id="sltl3">Marqués de SALTILLO (Rafael RUEDA OSBORNE)</nelv>
                [<i>dont l&apos;épouse et veuve est une soeur de <nelv id="po_ro1">Felipe de PABLO y
                ROMERO</nelv>, et donc la tante du ganadero en fonction, Felipe PABLO-ROMERO Y
            LLORENTE</i>] ; sur les pâturages d&apos;une finca des PABLO-ROMERO, LA HERRERÍA, les 2
            troupeaux sont voisins pendant 3 ans, de la mort dudit Marquis de SALTILLO jusqu&apos;à
            l&apos;acquisition de sa ganadería par <nelv id="mrn_flx">Félix MORENO ARDANUY</nelv> en
            1918 : voilà qui permet de croiser facilement et dans la plus grande discrétion... Il se
            dit aussi, mais beaucoup plus rarement, que deux étalons <nenc id="bnd">buendía</nenc>
            [certaines confidences inciteraient à croire que ce buendía est plus asaltillado que
            ibarreño - voir l&apos;encaste <nenc id="st_clm">santacoloma</nenc>] auraient été
            ajoutés pour essayer de remonter un relatif bache de l&apos;élevage dans les années
            1960. C&apos;est loin d&apos;être improbable car, à cheval entre les années 50 et 60, il
            y a eu de sérieuses négligences dans le suivi de la ganadería.<pb/> Au vu du <ill
                img="po_ro14.jpg" type="image">schéma de la formation de la ganadería</ill> peint
            sur les azulejos de la finca PARTIDO DE RESINA, on pourrait estimer qu&apos;il y a
            grosso modo dans l&apos;encaste pablorromero une grosse moitié de sang <nenc
            id="gl">gallardo</nenc> (qui contient déjà une &quot; pointe &quot; de <nenc
            id="nv">navarro</nenc>) croisé avec un petit quart de sang <nenc id="vz">vázquez</nenc>,
            plus un quart de sang <nenc id="jj">jijón</nenc> avec une &quot;pointe&quot; de sang
                <nenc id="cb">cabrera</nenc> et peut-être de <nenc id="hdlg_bqr1">hidalgo barquero
            (1)</nenc> (voire <nenc id="hdlg_bqr2">hidalgo barquero (2)</nenc>, mais c&apos;est à
            peu près la même composition). Il faut encore y ajouter l&apos;éventuelle pointe de
                <nenc id="vh">vistahermosa</nenc> des <nevg id="arrbs_fb2">Hermanos ARRIBAS</nevg>,
            et la pointe de <nenc id="sltl">saltillo</nenc> (voire de <nenc id="bnd">buendía</nenc>)
            ultérieure(s). Mais comme le troupeau a manqué de contrôle de la reproduction dans la
            période à cheval sur les années 50-60, on a perdu le suivi des familles (reatas) et de
            leurs origines ; en plus, l&apos;élimination des pelages berrendo (en colorado et en
            castaño, puis en negro), qui donnaient de mauvais résultats, a certainement appauvri la
            part des sangs jijón, vázquez et navarro. L&apos;estimation de la proportion actuelle
            des sangs n&apos;en devient que plus approximative. Toutefois, la comparaison entre ces
                <ill img="po_ro43.jpg" type="image">2 toros actuels</ill> ne laisse pas d&apos;être
            impressionnante : le <lex id="pel#jb" pel="jb">jabonero</lex>
            <nenc id="vz">vazqueño</nenc> est de <nevg id="prt_cl_t2">PRIETO DE LA CAL</nevg> et le
                <lex id="pel#cd" pel="cd">cárdeno</lex> claro de <nevg
            id="po_ro7">PABLO-ROMERO</nevg> (1986) ; le moins qu&apos;on puisse dire est qu&apos;il
            y a une ressemblance ! Résurgence vazqueña ?...<pb/>
            <pb/>
            <b>
                <u>PABLORROMERO ou PABLORROMEROS .I.</u>
            </b> ?<pb/>
            <pb/>
            <b>° Évolution du comportement du pablorromero</b>
            <pb/>
            <pb/> D&apos;octobre 1885 au 31 décembre 1997, soit pendant 112 ans, la ganadería reste
            dans les mains de la même famille de ganaderos et de mayorales sur 4 générations,
            jusqu&apos;à ce que son ultime propriétaire, <nelv id="po_ro8">Jaime de PABLO-ROMERO y
            CÁMARA</nelv>, la vende à la <nelv id="ptd_rsn">Société &quot;PARTIDO DE RESINA
            SL&quot;</nelv>, du nom de la finca. Elle se distingue particulièrement par la grande
            bravoure de ses produits et jouit d&apos;un immense prestige. Mais l&apos;encaste suit
            pendant ce siècle une évolution assez notable, sans toutefois se dénaturer, en
            s&apos;adaptant en permanence à l&apos;évolution de la tauromachie. Depuis GUERRITA
            jusqu&apos;à ORDÓÑEZ, l&apos;élevage sait fournir des toros aptes à la lidia de son
            temps. La chose est d&apos;autant plus méritoire que cette évolution se fait sans jamais
            renoncer à l&apos;esprit de l&apos;encaste ni à l&apos;intégrité du toro, même s&apos;il
            y a une période regrettable, à cheval sur les années 50-60. Tout le monde ne peut pas en
            dire autant, tant s&apos;en faut ! Hélas... Mais précisons les choses.<pb/>    Au XIXe
            siècle et dans les deux premières décades du XXe, les pablorromeros combattent de façon
            spectaculaire au premier tiers. La tienta des vaches et des machos ne comporte guère que
            l&apos;épreuve du cheval, d&apos;ailleurs très scrupuleuse et très exigeante. Que le
            toro soit ensuite &quot;toréable&quot; ou non importe peu au ganadero. La placita de
            tienta est une sorte de rectangle irrégulier ; vaches et machos sont mis dans la
            position la plus défavorable pour eux ; ils doivent prendre un grand nombre de piques,
            avec promptitude et de loin, avec sauvagerie et en rechargeant, en se grandissant dans
            l&apos;épreuve. Dès que le moindre défaut ou le moindre doute apparaît, l&apos;animal
            est rejeté, quelles que soient ses qualités pour le toreo. Au début, on n&apos;essaye
            même pas à la muleta les vaches refusées ; quant à celles qui sont retenues, on leur
            fait simplement une série de chaque côté pour avoir une idée de leur comportement.
            Première évolution, on insiste un peu plus à la muleta, mais sans jamais aller
            jusqu&apos;au bout de leurs possibilités.<pb/> Ce type de sélection exercé pendant de
            longues années finit par produire un toro excellent et régulier au premier tiers mais
            assez irrégulier au troisième. Il prend de nombreuses piques avec puissance, bravoure et
            sauvagerie puis, comme la plupart des toros de l&apos;époque, il devient difficile et
            avisé au dernier tiers, vendant chèrement sa peau. Dans la muleta, quelques-uns sont
            encastés, vifs, répètent leurs charges avec noblesse et transmettent de l&apos;émotion.
            D&apos;autres deviennet compliqués, avec du sentido, de charge courte ou se défendant
            sur place ; certains s&apos;alourdissent ou même se désintéressent du combat... tout en
            restant fortement encastés, ce qui complique singulièrement le travail du matador. En
            toute hypothèse, il faut leur &quot;prendre&quot; rapidement le peu de bonnes passes
            qu&apos;ils ont car ils &quot;comprennent&quot; très vite. Cela n&apos;empêche pas
            l&apos;immense JOSELITO &quot;GALLITO&quot; d&apos;en faire l&apos;un de ses élevages
            préférés car c&apos;est un bétail qui &quot;transmet&quot; beaucoup et qui valorise le
            travail du torero. De plus, cette diversité des comportements n&apos;est jamais pour
            déplaire aux bons aficionados, capables de goûter la façon dont les toreros font face au
            meilleur comme au moins bon. Mais c&apos;est de moins en moins dans la sensibilité des
            publics modernes au fil des ans ; la lidia s&apos;efface progressivement au profit de la
            qualité esthétique et de la liaison des passes. Cette situation va commander toute
            l&apos;évolution du pablorromero.<pb/> A partir des années 20, les
            &quot;pablorromeros&quot; changent assez radicalement d&apos;allure et un peu de
            comportement pour ressembler de plus en plus à ceux que nous connaissons maintenant.
            Toujours avec leur fond de bravoure et de caste, mais davantage
            &quot;collaborateurs&quot;... du moins avec les toreros capables de soumettre leur fort
            tempérament. Ils montrent alors de la noblesse et rendent possible le triomphe. Antonio
            ORDÓÑEZ les met dans ses ganaderías préférées et obtient avec eux quelques-uns de ses
            grands succès (voir par exemple l&apos;anecdote de 1965 dans <nelv id="po_ro1">Felipe
                PABLO y ROMERO</nelv>).<pb/> Cette évolution vers plus de noblesse semble en rapport
            avec l&apos;utilisation de sementales du <nelv id="sltl3">Marqués de SALTILLO (Rafael
                RUEDA OSBORNE)</nelv> entre 1914 et 1917 [voir ci-dessus].  Toujours démenti par les
            ganaderos, ce croisement n&apos;était pas formellement prouvé jusqu&apos;à la
            publication des dernières études génétiques de la UCTL. <nelv id="po_ro8">Jaime de
                PABLO-ROMERO y CÁMARA</nelv> affirmera même en février 1979 : <i>&quot;La question,
                je l&apos;ai posée en son temps à mon père. Il m&apos;a affirmé qu&apos;il n&apos;y
                avait jamais eu croisement. Les deux ganaderías avaient cohabité, mais sans que
                qu&apos;il y ait eu le moindre croisement entre l&apos;une et
            l&apos;autre.&quot;</i>. Pourtant la réalité saute aux yeux en regardant les toros ! Et,
            dans le mundillo, la cause est considérée comme entendue depuis longtemps. Il ne fait
            vraiment guère de doute que cet apport <nenc id="sltl">saltillo</nenc> a été décisif
            dans la constitution du type des &quot;pablorromeros&quot; du XXe siècle,
            particulièrement pour les cornes asaltilladas et les capes. Un ou deux étalons <nenc
            id="bnd">buendía</nenc> sont probablement rajoutés ensuite pour essayer de remonter le
            relatif bache de l&apos;élevage dans les années 1960... Toutefois, même s&apos;il y a du
            saltillo, voire du buendía (son cousin), dans le pablorromero, il faut reconnaître que
            cet apport n&apos;en dénature pas le style : le saltillo charge (embiste) au pas et non
            au galop comme le pablorromero, il humilie beaucoup (cf. les bons victorinos) alors que
            le pablorromero charge au galop et a tendance à garder la tête à mi-hauteur dans la
            passe. C&apos;est dire combien la probable introduction de saltillo/buendía est mesurée.
            A noter qu&apos;elle contribue certainement à la rapide disparition des pelages
            colorado, castaño et berrendo en castaño (le berrendo en negro se maintenant
            jusqu&apos;au début des années 60) car ces pelages &quot;ne donnaient pas
            satisfaction&quot; d&apos;après Manolo, le mayoral des années 80.<pb/> Cette évolution
            notable s&apos;accentue à partir des années 60. La tienta ne porte plus exclusivement
            sur la bravoure : il faut désormais que la vache reste &quot;toréable&quot;. En
            pratique, cela veut dire que vers 1990, au lieu de tienter 30 à 40 vaches par jour comme
            autrefois, avec <nelv id="po_ro8">Jaime de PABLO-ROMERO</nelv> on n&apos;en tiente plus
            que...6 ! La différence est éloquente. Jaime se disait qu&apos;il fallait changer les
            choses pour sortir de la crise : les toros avaient davantage de problèmes à la muleta
            qu&apos;à la pique et pour que les figures les veuillent, comme autrefois, il fallait
            les améliorer sur ce point. A partir de là, les faenas de muleta pendant les tientas
            prennent beaucoup plus de place et la sélection tient compte aussi de la qualité de la
            charge ; on ne retient plus que les vaches complètes, allant même jusqu&apos;à
            privilégier un peu le comportement à la muleta. Une évolution qui s&apos;accentuera
            encore chez <nevg id="ptd_rsn">PARTIDO DE RESINA</nevg>.<pb/> Une chose très importante
            à savoir : jamais la famille PABLO-ROMERO n&apos;a réellement tenu de livre de la
            ganadería. Vaches et toros ne sont identifiés que par la lignée des mères : couramment,
            on laissait plusieurs étalons avec un ensemble de vaches... quand tout n&apos;était pas
            mélangé ; on ne notait pas ce qui concernait les étalons. En plus, il y a eu une rupture
            dans la succession des notes concernant les vaches, puisque en 1979, les héritiers de
                <nevg id="po_ro6">Felipe de PABLO-ROMERO y CÁMARA</nevg> refusent de donner les
            notes de ce dernier à <nelv id="po_ro7">José Luis de PABLO-ROMERO y CÁMARA</nelv> et à
            son frère Jaime, désormais en charge de la ganderíia au nom de l&apos;ensemble des
            héritiers. Dans ces conditions, comment éviter un rétrécissement de la diversité
            génétique du troupeau et, par suite, une consanguinité excessive ?... <nelv
                id="ptd_rsn">Antonio MORALES</nelv>, ganadero de <nevg id="ptd_rsn">PARTIDO DE
            RESINA</nevg>, cherchera à répondre à cette situation catastrophique, avec le
            vétérinaire José Luis ALGORA, par les techniques de la génétique : il semble qu&apos;ils
            soient en passe d&apos;y parvenir...<pb/>
            <pb/>
            <b>
                <u>PABLORROMERO ou PABLORROMEROS .II.</u>
            </b> ?<pb/>
            <pb/>
            <b>° Évolution de la morphologie du pablorromero</b>
            <pb/>
            <pb/> Les toros de PABLO-ROMERO ont toujours été considérés comme les plus beaux de
            tous. Le modèle du toro de combat. Résultant d&apos;un amalgame d&apos;encastes et
            d&apos;une sélection cohérente, leur trapío est à la fois <ill img="po_ro25.jpg"
                type="image">spectaculaire et particulier</ill>. Une fois fixé, il variera peu au
            fil du temps, du moins après l&apos;introdction de sang <nenc id="sltl">saltillo</nenc>
            ; cependant il deviendra très progressivement plus harmonieux et plus bas au garot car
            plus court sur pattes : adaptation morphologique au toreo moderne.<pb/>
            <pb/> ° <i>
                <b>Morphologie du pablorromero classique</b>
            </i>. <ill img="po_ro16.jpg" type="image">Très ample de poitrine</ill>, <ill
                img="po_ro17.jpg" type="image">l&apos;arrière-train rond et harmonieux, plutôt bas
                sur pattes</ill>, il est impressionnant dans le campo comme en piste. On notera que
            certains toros <nenc id="vz">vazqueños</nenc> présentent aussi ce cou et cette poitrine
            amples, musculeux avec un tête plutôt en trapèze ; c&apos;est visible chez <nevg
                id="prt_cl_t2">PRIETO DE LA CAL</nevg> et chez <nevg id="palha_f">Fernando PALHA
                (Fernando PEREIRA PALHA VAN ZELLER)</nevg>, par exemple <ill img="palha_f04.jpg"
                type="image">ce beau jabonero</ill>. A sa sortie en piste, ou quand il fait face à
            ce qui empiète sur son territoire au campo, il est majestueux et impose le respect. Tous
            les publics applaudissent spontanément quand se présente <ill img="po_ro05.jpg"
                type="image">en piste, au galop</ill>, un animal d&apos;une telle beauté et
            d&apos;une telle fierté.<pb/>  Il est pourtant de taille moyenne... ce qui ne
            l&apos;empêche nullement d&apos;atteindre <ill img="po_ro20.jpg"
                type="image">allègrement les 600 kg.</ill> sans qu&apos;il soit besoin de le
            &quot;forcer&quot; sur le plan de la nourriture. Au contraire, il faudrait plutôt le
            mettre au régime tellement il a tendance à grossir facilement. Son rendement en
            boucherie est d&apos;ailleurs l&apos;un des meilleurs parmi les toros de combat.<pb/>
            Morphologiquement, il forme un ensemble parfait avec sa tête petite, large et au profil
            camus, tandis que son morillo est proéminent, et que son corps charpenté, très
            musculeux, est <ill img="po_ro21.jpg" type="image">rond, large et volumineux,
            lourd</ill>. Cette impression est étrange car la <ill img="po_ro22.jpg"
                type="image">disproportion entre la petite tête et le corps massif</ill> semblerait
            devoir le desservir. Or il n&apos;en est rien. <ill img="po_ro04.jpg" type="image">Ce
                toro est harmonieux</ill>, en ce sens que chez lui, rien n&apos;est exagéré ni trop
            petit. Et il est tellement typé qu&apos;il est aisément reconnaissable, même de loin ou
            par des personnes peu averties. Il est d&apos;ailleurs assez remarquable que, sur un
            dessin du début des années 1850, on trouve déjà chez un toro &quot;issu de
            Gallardo&quot; la caractéristique <ill img="gl1.jpg" type="image">tête en trapèze</ill>
            des futurs pablorromeros ;<pb/>  La <b>peau</b> est fine. Le poil fin et brillant.<pb/>
            La <b>tête</b> est <ill img="po_ro18.jpg" type="image">très typique</ill>. Relativement
            petite, donc ; large mais courte (du frontal au museau), elle forme un trapèze dont la
            petite base serait le museau et la grande le frontal. Les tempes sont étroites. Le
            museau, carré, large et brillant ; cette forme carrée est assez évocatrice du museau des
                <nenc id="nv">navarrais</nenc> : réminiscence du lointain apport navarrais du <nelv
                id="bld_qrs_mcln">curé de Rota</nelv> ?... Le profil camus. Les yeux sont grands,
            vifs, haut placés et bridés en oblique d&apos;une manière très caractéristique
                [<i>certains pensent que ces yeux haut placés seraient la raison pour laquelle ce
                toro charge le museau en avant : la <ill img="po_ro29.jpg" type="image">tête dans
                    cette position</ill>, il y verrait mieux</i>]. Quant aux oreilles, elles sont
            petites et, comme dans les autres races bravas, très mobiles. Ce toro est <lex
                id="partpel#crfsc" pel="crfsc">carifosco</lex> au point d&apos;avoir souvent une
            véritable frange sur le frontal (<lex id="partpel#mln" pel="mln">meleno</lex>) avec
            parfois un épi ; il est généralement frisé (rizado) jusqu&apos;au morillo et aux côtés
            du cou (<lex id="partpel#crfsc_a" pel="crfsc_a">astracanado</lex>) ; la conjonction de
            ces deux traits est typique chez lui.<pb/>  S&apos;il fallait lui trouver un défaut, ce
            serait le <b>cou</b>. Il est si court qu&apos;il lui laisse peu la possibilité
            d&apos;humilier dans la charge. C&apos;est un toro qui charge avec la tête à mi-hauteur,
            ce qui est une gêne considérable dans le toreo moderne. Les ganaderos ont réussi à
            corriger la chose en partie ; ils y travaillent encore... Ce cou &quot;trop court&quot;
            contribue tout de même à sa prestance et à sa beauté ; d&apos;autant plus que la largeur
            et le développement spectaculaires de leur morillo, généralement frisé comme la tête,
            contribuent <ill img="po_ro19.jpg" type="image">à son type et à son aspect très
            &quot;sérieux&quot;</ill>.<pb/>  Le <b>fanon</b> est plutôt discret. La <ill
                img="po_ro26.jpg" type="image">ligne dorso-lombaire</ill> est droite. Les
            <b>côtes</b> arquées lui donnent une allure caractéristique. La <b>croupe</b> est large
            et très développée (il arrive, mais rarement, qu&apos;il soit même &quot;culard&quot;
            !), à l&apos;inverse des autres encastes où elles serait plutôt fine.<pb/>  Les
            <b>extrémités</b> sont fines en regard de son aspect massif ; courtes et bien faites. La
            queue, fine et longue, a le toupet bien fourni ; à partir des 4 ans, elle traîne
            habituellement par terre.<pb/>  Les <b>cornes</b> sont en général belles, nettes
            d&apos;aspect, régulières et larges, bien développées mais sans excès, foncées, de
            grosseur moyenne à la base et rarement astifinas. Elles sont généralement dirigées vers
            l&apos;avant et vers le haut. Les formes les plus fréquentes sont : corniancho (large de
            berceau), <lex id="cor#vlt">veleto</lex>, <lex id="partpel#caprt"
            pel="caprt">corniapretado</lex>, <lex id="partpel#cdltr"
            pel="cdltr">cornidelantero</lex>, formant dans tous les cas un toro bien armé. Rares
            sont les <lex id="partpel#cln" pel="cln">cornalones</lex>, et plus encore les <lex
                id="partpel#brch" pel="brch">brochos</lex> et les <lex id="partpel#gch"
            pel="gch">gachos</lex>. Les toros <lex id="partpel#cpch" pel="cpch">acapachados</lex>
            (cornes qui démarrent légèrement vers le bas) sont souvent ceux dont les armures sont
            les plus développées, <lex id="partpel#astf" pel="astf">astifinas</lex> et <lex
                id="partpel#vlt" pel="vlt">asaltilladas</lex>, tandis que les autres seraient plus
            courtes, <lex id="partpel#astgd" pel="astgd">astigordas</lex> et &quot;en crochet&quot;
            (croissant de lune) légèrement dirigé vers le haut sans toutefois être brochas. Cette
            dernière armure est en fait la plus typique du pablorromero ; on en voit <ill
                img="po_ro02.jpg" type="image">ici un exemple récent</ill> et là un autre, très
            ancien puisqu&apos;il s&apos;agit de <ill img="po_ro03.jpg"
            type="image">&quot;GRANIZO&quot;</ill> toréé en 1897. Mais à l&apos;époque moderne, on
            s&apos;en est éloigné au profit d&apos;armures asaltilladas, plus spectaculaires, comme
            en témoigne <ill img="po_ro23.jpg" type="image">cette photo d&apos;un lot
            madrilène</ill> de la San Isidro.<pb/> Ses aplombs sont généralement bons. Mais son
            volume donne à ses déplacements un balancement typique, une allure dégingandée, qui
            donne parfois, à tort, l&apos;impression qu&apos;il boite.<pb/> Il n&apos;en a pas
            toujours été tout à fait ainsi.<pb/>
            <pb/>   ° <i>
                <b>L&apos;évolution</b>
            </i>. Peu à peu, le pablorromero est devenu<ill img="po_ro15.jpg" type="image">plus
            harmonieux</ill>, <ill img="po_ro33.jpg" type="image">plus bas de garrot et plus court
                de pattes</ill> [voir encore <ill img="po_ro34.jpg" type="image">celui-ci</ill> et
                <ill img="po_ro35.jpg" type="image">celui-là</ill>] (toros de PARTIDO de RESINA) ;
            son museau est devenu plus camus et ses cornes en forme de &quot;crochet&quot; plus
            courtes (encore que dès avant <nelv id="po_ro8">Jaime, le dernier des
            PABLO-ROMERO</nelv>, il semble que l&apos;on ait remis à l&apos;honneur des armures plus
            fines et plus longues). En même temps, il est devenu plus rond et plus musculeux,
            particulièrement au morillo, au cou et à la croupe, tout en maintenant sa largeur et sa
            profondeur de poitrail caractéristiques. Cette petite touche d&apos;adaptation au type
            morphologique et au toreo modernes (harmonieux, &quot;bajito&quot;) n&apos;est pas
            totale puisqu&apos;il garde le cou court (c&apos;est l&apos;une des caractéristiques
            morphologiques des toros les moins &quot;évolués&quot;) malgré une légère modification
            sur ce plan-là aussi à partir des années 60. C&apos;est <nelv id="po_ro3">Felipe de
                PABLO-ROMERO y ARTOLOITIA</nelv> qui engage ces modifications vers 1940, mais avec
            beaucoup de prudence et de modération pour ne pas risquer de perdre les qualités de
            l&apos;encaste, comme tant d&apos;autres...<pb/>  Cette légère adaptation physique,
            jointe à l&apos;apport saltillo et à une sélection tenant davantage compte de la
            noblesse, a permis aux &quot;pablorromeros&quot; de rester dans les goûts du public et
            d&apos;être toréés par les figures jusqu&apos;au début des années 80... par respect du
            public sinon par goût ou par défi personnels des toreros. Toutefois, même avec une
            sauvagerie moindre qu&apos;aux origines, ces toros n&apos;ont pas manqué de soulever de
            nombreuses oppositions. L&apos;époque la plus difficile étant certainement celle de
            l&apos;après-guerre, quand &quot;MANOLETE&quot; (mort en 1947) est au sommet et que son
            apoderado &quot;CAMARÁ&quot; cherche à soumettre tout le mundillo à ses &quot;exigences&quot;.<pb/>
            <pb/>
            <b>
                <u>VOUS AVEZ DIT CÁRDENO</u>
            </b> ?<pb/>
            <pb/>
            <b>Les pelages du pablorromero et leur évolution</b>
            <pb/>
            <pb/>
            <b>
                <u>° Pelages fondamentaux</u>
            </b> : au vu des images et des témoignages du passé, les <lex id="pel#cd"
            pel="cd">cárdeno</lex> ont toujours existé chez le pablorromero, mais les pelages les
            plus nombreux étaient <lex id="pel#ng" pel="ng">negro</lex>, <lex id="pel#cl"
            pel="cl">colorado</lex>, <lex id="pel#cst" pel="cst">castaño</lex> et <lex id="pel#brd"
            pel="brd">berrendo</lex>. Il semble que l&apos;on trouvait aussi quelques <lex
                id="pel#sln" pel="sln">salinero</lex>. Depuis la fin des années 80, la proportion
            tend à s&apos;inverser, et actuellement (PARTIDO DE RESINA, 2.002/2.003) tous les
            sementales sont cárdeno. Le poil actuellement le plus caractéristique est donc plus que
            jamais le cárdeno, allant du plus clair au plus foncé, le claro étant dominant. Pourquoi
            cette préférence ? Elle n&apos;a pas de rapport significatif avec la caste ou la force,
            mais elle permet de mieux typer l&apos;aspect du toro aux yeux des publics et, de fait,
            ce pelage est le plus demandé car les cárdeno sont plus impressionnants à la vue.<pb/>
            Le negro peut être des trois variétés : zaíno, mulato (dominant) ou azabache.  Aux
            origines, le berrendo peut être en negro, en castaño ou en colorado. Ainsi le novillo
            estoqué par &quot;QUINITO&quot; à Nimes le 2 septembre 1894, et naturalisé au Museum
            d&apos;histoire naturelle de la ville, est-il berrendo en negro ; il porte le N°3, et
            s&apos;appelle &quot;BERLADER&quot;... contrairement à l&apos;indication de
            &quot;TABERNERO&quot; portée par erreur sur sa plaque [voir l&apos;image en en-tête de
                <nevg id="po_ro1">l&apos;élevage</nevg>]. Autre trace historique du berrendo en
            negro, <ill img="po_ro13.jpg" type="image">cette curieuse berrenda</ill> qui faisait
            partie de l&apos;envoi de reproducteurs à la ganadería ATENCO, au Mexique, en 1910.<pb/>
            Il est quasi certain que cette évolution des pelages (et du comportement) est dûe, outre
            la sélection, à l&apos;apport de sang <nenc id="sltl">saltillo</nenc> entre 1914 et
            1917, lorsque les PABLO-ROMERO sont les exécuteurs testamentaires du Marquis de SALTILLO
            [et aussi de sang <nenc id="bnd">buendía</nenc> dans les années 60 ?]. La double
            influence du sang saltillo/buendía et d&apos;une sélection visant à augmenter la
            bravoure et la noblesse conduisent rapidement à la disparition des capes colorado,
            castaño, berrendo en castaño et berrendo en colorado, tandis que les berrendo en negro
            se maintiendront jusqu&apos;au début des années 60. En effet ces pelages &quot;de
            couleur&quot; donnent généralement de moins bons résultats que les cárdeno et les negro,
            finalement seuls rescapés. Les derniers berrendo en negro disparaissent au début des
            années 60 : eux aussi donnaient de moins bons résultats. Mais en 1951, Antonio ORDÓÑEZ
            n&apos;en a pas moins obtenu un grand triomphe avec un berrendo en negro, dans les
            vieilles arènes de San Sebastián.<pb/>  Réminiscence du sang <nenc id="jj">jijón</nenc>
            ? aujourd&apos;hui, on trouve parfois sur les pelages des tonalités ou des reflets
            tostado/colorado, surtout chez les vaches ; c&apos;est particulièrement visible sur <ill
                img="po_ro07.jpg" type="image">celle du centre</ill>. Réminiscence du sang <nenc
            id="cb">cabrera</nenc> ? de même, apparaissent parfois des <lex id="pel#srd"
            pel="srd">sardo</lex> et des <lex id="pel#sln" pel="sln">salinero</lex>, surtout chez
            les vaches. Toutefois, il ne faudrait pas majorer la signification de ces curiosités :
                <ill img="adolfo01.jpg" type="image">le veau de cette vache</ill>
            <nenc id="alb2">albaserrada</nenc> de <nevg id="mrtn_a">Adolfo MARTÍN</nevg> est
            tostado/colorado et les épaules de la vache semblent avoir elles-mêmes un reflet
            semblable... tandis que <ill img="adolfo02.jpg" type="image">celle-ci</ill> ne s&apos;en
            cache vraiment pas ! Il se pourrait que ce type de réminicences colorées chez le
            pablorromero vienne tout simplement de l&apos;introduction de reproducteurs <nenc id="sltl">saltillos</nenc>...<pb/>
            <b>
                <u>° Particularités du pelage</u>
            </b> : le <lex id="partpel#entr" pel="entr">entrepelado</lex> est de loin la plus
            fréquente. On trouve aussi couramment : <lex id="partpel#bcng"
            pel="bcng">bocinegro</lex>, <lex id="partpel#ggtl" pel="ggtl">gargantillo</lex>, <lex
                id="partpel#grn" pel="grn">girón</lex>, <lex id="partpel#rbrb"
            pel="rbrb">rebarbo</lex>, <lex id="partpel#clbl" pel="clbl">coliblanco</lex> et <lex
                id="partpel#rbc" pel="rbc">rabicano</lex> ; de même pour les <lex id="partpel#bgd"
            pel="bgd">bragado</lex> et bragado corrido, <lex id="partpel#mn" pel="mn">meano</lex> et
                <lex id="partpel#axbl" pel="axbl">axiblanco</lex>, plus courants dans la
            &quot;cabaña brava&quot;. Mais on trouve encore deci-delà des <lex id="partpel#llrn"
            pel="llrn">llorón</lex>, <lex id="partpel#ojl" pel="ojl">ojalado</lex>, <lex
                id="partpel#lcr" pel="lcr">lucero, estrellado</lex>, <lex id="partpel#crt"
            pel="crt">careto</lex>, <lex id="partpel#crbl" pel="crbl">caribello</lex>, <lex
                id="partpel#lst" pel="lst">listón</lex>, <lex id="partpel#slpc"
            pel="slpc">salpicado</lex> et <lex id="partpel#nvd" pel="nvd">nevado</lex>, <lex
                id="partpel#btnr" pel="btnr">botinero</lex>. Quant aux <lex id="partpel#chrd"
            pel="chrd">chorreado</lex> en verdugo que l&apos;on trouve chez quelques <lex
                id="pel#cd" pel="cd">cárdeno</lex>, ils sont très particuliers à cet encaste : les
            lignes noires verticales qui descendent de l&apos;épine dorsale au ventre sont
            particulièrement fines, alors que dans les autres encastes elle sont toujours très
            larges et plutôt irrégulières (encore qu&apos;à y regarder de près, on trouve aussi ce
            type de rayures dans beaucoup de cárdenos, surtout <nenc id="st_clm">santacoloma</nenc>
            et <nenc id="sltl">saltillo</nenc>...). D&apos;ailleurs l&apos;ensemble des pelages
            ci-dessus se retrouve beaucoup dans ces deux encastes : CQFD ?...<pb/>
            <pb/>
            <b>
                <u>LES VACHES PABLORROMERAS</u>
            </b>
            <pb/>
            <pb/> Les vaches de cet encaste présentent quelques particularités, et par rapport aux
            toros du même encaste et par rapport aux vaches des autres encastes.<pb/> Elles sont
            davantage compactes, larges, amples, camuses et d&apos;aspect plus imposant que dans les
            autres encastes ; bien que, paradoxalement, on ne puisse pas du tout les considérer
            comme grandes parmi le bétail brave.<pb/>  Leur profil est encore plus concave que celui
            des toros ; leur tête est donc large et très camuse, avec de grands yeux brillants, un
            museau large et luisant. Sur le frontal, elles ont un toupet de longs poils en épi, tout
            à fait caractéristique.<pb/>  Poitrail et croupe sont larges, mais de façon moins
            accentuée que chez les toros.<pb/>  Le pis est beaucoup plus volumineux que dans les
            autres encastes. Y a-t-il un rapport ? ce sont de bonnes mères. Elles sont très
            rustiques.<pb/>  Les pelages les plus caractéristiques sont évidemment les cárdenos de
            toute variété. Mais _pourquoi donc ?_ on trouve plus souvent chez elles que chez les
            toros des tonalités ou des reflets tostado/colorado (réminiscence du sang <nenc
            id="jj">jijón</nenc> ?) ainsi que des pelages <lex id="pel#srd" pel="srd">sardo</lex> ou
                <lex id="pel#sln" pel="sln">salinero</lex> (réminiscences du sang <nenc
            id="cb">cabrera</nenc> ?). Quant aux particularités de pelage, ce sont les mêmes que
            chez les machos.<pb/>  Enfin chez elles, la hiérarchie est plus accentuée que dans la
            plupart des encastes ; raison probable pour laquelle elles sont aussi en général plus
            agressives, querelleuses et difficiles à manoeuvrer.<pb/>
            <pb/>
            <b>
                <u>LE PABLORROMERO AU CAMPO... ET EN PISTE</u>
            </b>
            <pb/>
            <pb/>
            <u>
                <b>Au campo</b>
            </u> Le maniement du bétail brave n&apos;est jamais facile, mais les pablorromeros sont
            particulièrement complexes en raison de <ill img="po_ro30.jpg" type="image">leur
                caractère farouche</ill> et de leur agressivité, y compris entre eux et dès le plus
            jeune âge, y compris chez les femelles. Peut-être ce caractère a-t-il été accentué par
            l&apos;immense espace dans lequel ce bétail a vécu durant des générations ? C&apos;est
            pourquoi les cuatreños (toros de 4 ans qui vont être combattus dans l&apos;année) sont
            répartis en petits lots de 7 à 10, aussi homogènes de corpulence que possible, dans des
            enclos séparés les uns des autres. C&apos;est le moyen de constituer des corridas
            homogènes avec des toros qui sont familiers les uns des autres et qui auront moins
            tendance à se battre quand il faudra les rassembler dans un corral avant une course.
            Sinon les dégâts seraient... encore plus conséquents qu&apos;ils ne sont, au campo comme
            dans les corrales ; d&apos;autant plus que ces toros ont tendance à ne pas abandonner
            leurs querelles facilement, y revenant même plusieurs jours de suite.<pb/> Par manque de
            place (dernières années de PABLO-ROMERO), parce que les toros changent beaucoup
            physiquement de 3 à 4 ans et qu&apos;il n&apos;est pas encore possible de faire des lots
            homogènes, les utreros (3 ans) sont gardés tous ensemble. Conséquence, il y a plus de
            pertes par batailles chez eux que chez les toros.<pb/>  Il faut savoir que
            lorsqu&apos;une intrusion dans leur enclos les dérange, ces toros sont capables de
            charger n&apos;importe qui et n&apos;importe quoi : cheval, auto, tracteur... Il leur
            est arrivé de se tuer en chargeant un tracteur ! C&apos;est pourquoi la visite de
            l&apos;élevage ne se fait guère que chez les vaches et les utreros, et encore dans une
            sorte de cuve métallique aux bords élevés tirée par un lourd tracteur. Gare aux
            visiteurs imprudents ou/et inconscients ! Mais le mayoral connaît son bétail depuis des
            générations...<pb/>  Toutefois, ces toros ne sont pas toujours aussi agressifs. Certains
            jours ils sont tranquilles. Détail important : les conditions météorologiques, vent,
            ensoleillement, couverture nuageuse, orages, changements de temps et/ou de pression
            atmosphérique, conditionnent beaucoup leur humeur. Il ne serait pas étonnant qu&apos;il
            en aille de même pour leur combat en piste.<pb/>  Quant à elles, les vaches les plus
            puissantes, dominantes, ne supportent pas la présence d&apos;une autre à proximité de
            leur mangeoire ; si l&apos;une ou l&apos;autre s&apos;y risque, la réaction est violente
            : l&apos;agressée ne se contente pas de faire fuir l&apos;intruse, elle la poursuit avec
            acharnement et lui donne des coups de cornes avec les pires intentions. Le salut de
            l&apos;intruse, c&apos;est la fuite... et comme l&apos;espace est vaste, il n&apos;y a
            pas trop de dégâts ! Par contre quand on manoeuvre les bêtes pour des soins vétérinaires
            (cf. vaccinations) ou pour une autre raison et qu&apos;il y a peu d&apos;espace, le
            risque de cornadas portées avec rage devient important (les nouveaux propriétaires de
            PARTIDO DE RESINA en ont fait l&apos;amère expérience la première fois qu&apos;ils les
            ont vaccinées...).<pb/>
            <pb/>
            <u>
                <b>En piste</b>
            </u> Les PABLO-ROMERO ont toujours sélectionné selon des critères propres et selon leur
            propre jugement, sans jamais se soumettre à des influences imposées. Ils recherchaient
            le meilleur toro possible à chaque époque, mais toujours dans la ligne de la bravoure,
            de la force et de la combativité spectaculaires ; d&apos;où cette présence en piste et
            ce combat brillant au premier tiers qui sont tout le prestige de la ganadería.<pb/>
            Dans son comportement type, hélas devenu rare, le pablorromero est un dévoreur
            d&apos;espace dès sa sortie ; il charge avec une manière très particulière de pointer le
            museau en avant, tel <ill img="po_ro44.jpg" type="image">celui-ci</ill> à Madrid en
            1979. Il faut le prendre en main très vite sans le laisser s&apos;épuiser à courir... ni
            trop réfléchir car il &quot;comprend&quot; vite. Particulièrement puissant, très brave
            au premier tercio où il pousse fort, il conserve toute sa force jusqu&apos;à la fin du
            combat, chargeant dans la muleta avec bravoure et agressivité quoique la tête à
            mi-hauteur. Mais ce n&apos;est pas un toro de 50 passes, il faut le comprendre vite, le
            dominer et lui &quot;prendre&quot; sans tarder les 20 bonnes passes qu&apos;il peut
            donner : après, il est trop tard.<pb/>
            <ill img="po_ro24.jpg" type="image">Ce toro &quot;transmet&quot; beaucoup</ill> mais peu
            de toreros savent et peuvent avec lui aujourd&apos;hui... c&apos;est pourquoi on
            l&apos;a encore quelque peu adouci, rendu plus noble, pour l&apos;adapter au contexte
            général. L&apos;esprit des tientas a beaucoup changé ; à la seule bravoure doit
            s&apos;ajouter désormais une noblesse de bon alloi. Cependant son type encore unique et
            sa personnalité accusée, spectaculaire, lui assurent toujours une grande place dans le
            coeur des aficionados a los toros.  Avec leur bravoure, leur grand poder et leur bon
            jeu, quand ils sont eux-mêmes, le spectacle est toujours garanti ; aussi la devise
            est-elle devenue l&apos;une des préférées de l&apos;exigeant public de Madrid, et par là
            de toute l&apos;Espagne. On les a vus quasiment chaque année dans la capitale du toreo
            pendant un siècle. Mais la grande question est celle d&apos;une faiblesse récidivante.<pb/>
            <pb/>
            <b>
                <u>LE DRAME DE LA FAIBLESSE... PUIS DE LA CASTE</u>
            </b>
            <pb/>
            <pb/> Bien des figures ont remonté leur image en combattant des pablorromeros. Dans les
            années 5O, 60 et une partie des années 70, ils permettent encore de nombreuses tardes
            triomphales. Mais ces années marquent aussi le début de ce qui va devenir le grand
            problème de cette devise : la faiblesse, allant jusqu&apos;à la chute... Cependant la
            réputation des pablorromeros peut se maintenir grâce à l&apos;immense réserve de
            bravoure et de caste du troupeau : il reste toujours l&apos;espérance de les voir se
            récupérer, d&apos;autant plus que, sur la durée, les &quot;altibajos&quot; sont
            classiques dans tous les élevages.<pb/>  Au milieu des années 70, les pablorromeros se
            mettent à manifester une inquiétante faiblesse : ils s&apos;agenouillent souvent
            (bizarrement, il se passe des choses semblables dans bien d&apos;autres ganaderías...).
            Vétérinaires et ganaderos cherchent les causes. On parle de la consanguinité, de
            l&apos;alimentation, du manque d&apos;espace pour se déplacer et de l&apos;élevage en
            stabulation... Rien de décisif n&apos;apparaît pourtant... et 30 ans après, pas
            davantage ! Les causes sont probablement multifactorielles, mais nous considérons ici
            comme fort probable qu&apos;il existe un facteur génétique déterminant : pourquoi
            certains, élevés dans les mêmes conditions, sont-ils très solides ? pourquoi les
            élevages qui adoucissent la caste dans le sens d&apos;une noblesse naïve sont-ils les
            plus touchés par la faiblesse ? pourquoi dans le même élevage certains toros en
            surcharge pondérale sont-ils solides (même s&apos;ils s&apos;essoufflent rapidement) et
            d&apos;autres, sans excès de graisse, faibles ? L&apos;existence d&apos;un facteur
            héréditaire, et donc génétique, ne paraît pas possible à mettre en doute ; mais où
            est-il ? et comment le corriger ?...<pb/> A partir de 1980, la crise devient aiguë ; ce
            ne sont plus des hauts et des bas : un manque de force touchant à l&apos;invalidité
            semble s&apos;être étendu à tout l&apos;élevage, tandis que la caste et la bravoure
            elles-mêmes chutent aussi. Conséquence, au moins partielle, de négligences dans les
            années 50-60 ? probablement : le cas n&apos;est pas unique ! Conséquence de
            l&apos;absence torale de tout livre de la ganadería permettant de constituer et de
            connaître des &quot;familles&quot; dans l&apos;élevage ? très probablement. Conséquence
            d&apos;une sélection moins rigoureuse et &quot;fuera de tipo&quot;, sans doute destinée
            à &quot;adoucir&quot; les pablorromeros pour &quot;adapter&quot; leur physique et leur
            comportement aux exigences de facilité du mundillo et des figures ? à n&apos;en pas
            douter : le cas n&apos;est pas unique ! PABLO-ROMERO perd son cartel dans les grandes
            ferias et les figures lui tournent le dos. Seule Madrid reste fidèle dans
            l&apos;adversité.<pb/>  Il n&apos;était jamais rien arrivé de pareil dans cette
            ganadería. Toutes les alarmes sont au rouge chez PABLO-ROMERO. La ganadería devient de
            moins en moins rentable et le nombre des héritiers qui ne cesse de s&apos;accroître, ne
            facilite rien ; des rumeurs de vente circulent... [<i>Voir la suite chez <nelv
                    id="po_ro8">Jaime de PABLO-ROMERO y CAMARÁ</nelv> et dans <nevg
                    id="po_ro8">l&apos;élevage correspondant</nevg>
            </i>]<pb/> A partir de janvier 1998, grâce à son aficion et ses énormes moyens
            financiers, le nouveau ganadero, <nelv id="ptd_rsn">Antonio MORALES</nelv>, engage avec
            le vétérinaire José Luis ALGORA une vaste opération de sauvetage faisant appel aux
            techniques les plus avancées en matière de génétique, d&apos;insémination artificielle
            et de transplantation d&apos;embryons. L&apos;opération pilote est dirigée par José Luis
            ALGORA et coordonnée par Javier CAÑON, professeur à l&apos;université Complutense de
            Madrid. L&apos;objectif est clair : sauver cet encaste unique. Grâce à ce programme, les
            scientifiques affirment pouvoir identifier dans le troupeau des mères celles qui
            possèdent le génome parfait [&quot;parfait&quot; en quoi ?...] et rebâtir une ganadería
            modèle à partir d&apos;un noyau restreint [il n&apos;y a pas le choix, car le troupeau
            des mères se trouve réduit à une centaine à peine en raison des nécessités économiques
            du <nelv id="po_ro8">dernier des PABLO-ROMERO</nelv>, puis de problèmes sanitaires]. Il
            s&apos;agit, à court terme, d&apos;optimiser la production grâce à l&apos;utilisation de
            mères porteuses. La technique est coûteuse : 1 embryon accroché pour le prix de... 3
            jambons (dans les 500 euros). En attendant, il faut compter sur la chance et continuer à
            lidier le tout-venant. Il y a du bon, du moins bon et du pire, mais on ne sait pas
            comment diriger vraiment la sélection. <pb/>
            <b>
                <u>LES CESSIONS DE BÉTAIL</u>
            </b>
            <pb/>
            <pb/> La philosophie officielle de la maison est : aucune vente de vache ou de semental
            à l&apos;extérieur. En fait, la pratique a été plus nuancée. Certes aucune autre
            ganadería d&apos;Espagne ne possède actuellement de sang pablorromero, pas même en
            croisement, car la famille PABLO-ROMERO a très peu cédé de bétail, sauf au Mexique. Mais
            elle en a cédé quand même un peu.<pb/> °° Au XXe siècle il n&apos;aura existé en
            <b>Espagne</b> qu&apos;une seule ganadería constituée avec des reproducteurs
            pablorromeros : celle du sévillan <nelv id="po_llrnt">PABLO y LLORENT</nelv>. A la fin
            des années 1930, il acquiert 60 vaches de <nelv id="po_ro2">Felipe de PABLO-ROMERO y
            LLORENTE</nelv>, un privilège dû au fait que <nelv id="po_ro1">Felipe de PABLO y
            ROMERO</nelv>, le créateur de la dynastie, est son grand-père. Il croise avec des vaches
            et deux étalons de <nelv id="tsr_bz">Clemente TASSARA</nelv>, d&apos;origine <nenc
            id="prld">parladé</nenc> [effectivement, de 1935 à 1939, il a son <nevg
                id="tsr_bz1">premier élevage</nevg> : du pur <nenc id="gmr_cv">gamero cívico</nenc>
            ; quand il vend, en 1939, il garde d&apos;ailleurs un peu de bétail (<nevg
                id="tsr_bz_p">pâture de Clemente TASSARA</nevg>) jusqu&apos;en 1942] ; mais PABLO y
            LLORENT cède bientôt (1944) au sévillan <nelv id="vz_pbl">Ignacio VÁZQUEZ DE
            PABLO</nelv>. Ce dernier maintient la ganadería quelques années sans obtenir de succès
            notable. Cependant il lidie quelques toros à Madrid : c&apos;est avec l&apos;un
            d&apos;eux, appelé &quot;PELÓN&quot;, que <nelv id="lzn_hns">Pablo LOZANO</nelv> y
            confirme son alternative en mai 1952. Cette ganadería est actuellement éteinte. <nelv
                id="vz_pbl">Ignacio VÁZQUEZ DE PABLO</nelv> est réputé n&apos;avoir cédé de bétail à
            aucune autre ganadería, mais ce n&apos;est pas tout à fait exact :<pb/> ° Entre 1940 et
            1955, il cède un lot à <nelv id="olvr_dr">Antonio D&apos;OLIVEIRA DURÃO</nelv>, qui le
            fait entrer dans ses croisements ; mais dès 1955/1956, ce dernier cède des (les ???)
            vaches de Ignacio au Portugais le <nelv id="cbrl">Conde de CABRAL</nelv>, qui les croise
            avec son bétail antérieur plus un nouveau semental <nenc id="mrb">murube</nenc>. Mais
            les traces de <nenc id="po_ro">pablorromero</nenc> qui pouvaient rester se trouvent
            pratiquement éliminées à partir de 1994/1995, quand les héritiers se mettent à faire
            absorber leur vieille origine par des vaches et des étalons... domecq de <nelv
                id="dmcq_bhqz_st">Santiago DOMECQ BOHÓRQUEZ</nelv>, puis probablement du <nenc
            id="nnz">núñez</nenc>.<pb/> ° Entre 1952 et 1972, Ignacio vend un autre lot à <nelv
                id="vz_grcs_jl">José Luis VÁZQUEZ GARCÉS</nelv>, alias le sévillanissime torero Pepe
            Luis VÁZQUEZ, qui le fait aussi entrer dans ses croisements.<pb/>
            <pb/>  °° On trouve encore d&apos;autres cessions mineures de bétail en Espagne.<pb/> °
            Entre 1907 et 1926, le même <nelv id="po_ro2">Felipe de PABLO-ROMERO y LLORENTE</nelv>
            cède des étalons au <nelv id="mlgj_mq">Marqués de MELGAREJO</nelv>, qui les fait entrer
            dans son croisement.<pb/> ° En 1918, <nelv id="po_ro2">le même Felipe</nelv> vend au
                <nelv id="mlgj_mq">Marqués de MELGAREJO</nelv> quelques étalons. Ils viennent
            enrichir un salmigondis qui n&apos;est pas promis à un brillant avenir...<pb/> ° Entre
            1906 et 1920, <nelv id="po_ro2">le même Felipe</nelv> vend aussi au célèbre <nelv
                id="srg">Rafael SURGA</nelv> de quoi enrichir son sulfureux et éphémère encaste
            composite.<pb/> ° En 1927 semble-t-il, <nelv id="po_ro2">le même Felipe</nelv> vend des
            étalons à <nelv id="mrzl">Pepe MARZAL</nelv> (celui qui écrit tant de bien des
            pablorromeros !...) qui les fait entrer aussi dans son croisement, lui aussi
            éphémère.<pb/> ° Entre 1907 et 1943, enfin, <nelv id="gmz-rll">Francisco GÓMEZ
            RULL</nelv> pense sans doute enrichir son élevage... d&apos;origine, de dates et de
            devenir inconnus ! par quelques reproducteurs du <nelv id="po_ro2">même Felipe</nelv>.<pb/>
            <pb/>  °° Le cas du <b>Mexique</b> est sensiblement différent. Au XIXe et au début du
            XXe, quelques reproducteurs sont vendus pour renforcer la bravoure des ganaderías
            mexicaines :<pb/> ° Les premiers exemplaires connus sont 3 ou 4 étalons arrivés au
            Mexique à la ganadería MALPASO en 1895, époque où la ganadería PABLO ROMERO est toujours
            dirigée par <nelv id="po_ro1">son fondateur Felipe</nelv>. Cependant certaines sources
            parlent pour le même arrivage de : 1 ou de 2 toros de <nelv id="cys_vd">CONCHA Y
            SIERRA</nelv>, auxquels auraient été joints un étalon du <nelv id="vrg3">Duc de
            VERAGUA</nelv> et un autre seulement de PABLO ROMERO. _ Cette ganadería méxicaine est
            fondée précisément fin XIXe avec des vaches &quot;criollas&quot; pour des étalons
            espagnols de diverses provenances : <nelv id="vrg3">Duc de VERAGUA</nelv>, <nelv
            id="sltl3">SALTILLO</nelv>, <nelv id="otlrchi">OTAOLAURUCHI</nelv>, <nelv
                id="cys_vd">CONCHA Y SIERRA</nelv> et bien sûr <nelv id="po_ro1">PABLO
            ROMERO</nelv>. En 1925, l&apos;ensemble est croisé avec du <nenc id="gmr_cv">gamero
            cívico</nenc> et du <nenc id="cps_vrl">campos varela</nenc>. Mais le propriétaire meurt
            deux ans plus tard et ses héritiers se défont de la ganadería.  ° Dix ans plus tard,
            vers 1905, arrivée de 1 ou 2 sementales pablorromeros chez QUERENDARO, sans que
            l&apos;on en sache davantage que le fait ; ce bétail est toujours cédé par <nelv
                id="po_ro1">Felipe, le fondateur</nelv>. _ Cette ganadería est créée début XXe par
            Carlos HAGHENBECK avec des vaches de &quot;PARANGUEO&quot; qui sont un croisement entre
            bétails espagnol et criollo ; sur ce croisement, il met des étalons de <nelv
            id="sltl3">SALTILLO</nelv>, <nelv id="po_ro1">PABLO ROMERO</nelv> et <nelv
            id="prld">PARLADÉ</nelv>. En 1928, Emilio HUERTA acquiert la ganadería et ajoute un
            semental du <nelv id="vlm">Marquis de VILLAMARTA</nelv> (de son second élevage, le
            célèbre !) ; mais il vend peu après et la ganadería disparaîtra complètement.<pb/> ° Le
            troisième et dernier apport de reproducteurs de <nelv id="po_ro2">PABLO-ROMERO</nelv> (5
            vaches et 2 étalons, jeunes) à un mexicain a eu lieu en 1909/1910 chez la famille
            BARBABOSA pour sa ganadería de &quot;ATENCO&quot;, encastée jusque là en <nenc
            id="nv">navarro</nenc>, sur les terres des haciendas &quot;ATENCO&quot; et &quot;SAN
            DIEGO DE LOS PADRES&quot; : la plus ancienne de toutes les ganaderías du monde (1528 !)
            et l&apos;une des plus célèbres du Mexique pendant longtemps. Le nom de ces 8
            reproducteurs, arrivés à la ganadería le 12 octobre, est connu : <ill img="po_ro09.jpg"
                type="image">&quot;BEATO&quot; et &quot;NEVADO&quot;</ill> [&quot;COLMENERO&quot;
            disent un livre mexicain, ainsi que <nelv id="po_ro8">Jaime de PABLO-ROMERO</nelv> : ce
            qui semble assez probable car il y a une vache appelée &quot;NEVADA&quot;], pour les
            machos ; et pour les vaches, <ill img="po_ro10.jpg" type="image">&quot;NEVADA&quot;
                &quot;GITANA&quot; &quot;FIERECILLA&quot;, &quot;TRIGUERA&quot; et
            &quot;CHALECA&quot;</ill> [un livre mexicain n&apos;en donne que 4... mais il en figure
            5 sur les photos de leur débarquement à la ganadería]. <ill img="po_ro08.jpg"
            type="image">&quot;CHALECA&quot;</ill>, arrivée pleine, vêle peu après son arrivée ;
            elle est negro, corniveleto, de tête très longue et de tempes très étroites. Quant à
                <ill img="po_ro11.jpg" type="image">cette vache</ill> et à <ill img="po_ro12.jpg"
            type="image">celle-ci</ill>, elles ne présentent pas de grande particularité si ce
            n&apos;est leur pelage très clair (cárdeno claro ?...). [En même temps, les BARBABOSA
            auraient fait venir d&apos;autres reproducteurs de <nelv id="sltl3">SALTILLO</nelv>,
            disent certains ; mais ce n&apos;est pas attesté par le ganadero]. La transaction
            s&apos;est faite sur la recommandation du matador Ricardo TORRES &quot;BOMBITA&quot;.
            Grâce aux photos d&apos;époque, peut-on entrevoir les différences morphologiques entre
            les pablorromeros d&apos;alors et les actuels ? En fait on ne reconnaît guère les traits
            typiques de ceux d&apos;aujourd&apos;hui... et pour cause puisqu&apos;ils datent surtout
            des années 30 et qu&apos;en plus, ils ne s&apos;affirment vraiment qu&apos;à partir du
            moment où le bétail devient adulte ! Le croisement pablorromero X navarro s&apos;est
            maintenu chez ATENCO jusqu&apos;à 1925, avant d&apos;être peu à peu absorbé et remplacé
            par le traditionnel <nenc id="sltl">saltillo</nenc> mexicain. Toutefois, il semble que
            laplupart des pablorromeros d&apos;ATENCO aient été massacrés par les
            &quot;alzados&quot; (insurgés) de la Révolution mexicaine de 1910 !...<pb/>  Le Mexique
            est donc le seul pays à avoir acquis des vaches et des étalons de PABLO ROMERO de façon
            significative et pour de grands élevages. Mais quand il n&apos;a pas disparu
            complètement, ce sang est aujourd&apos;hui entièrement croisé et fondu dans le bétail
            local, et dans le saltillo qui est l&apos;encaste dominant des ganaderías mexicaines.
            Les pablorromeros n&apos;existent donc vraiment plus aujourd&apos;hui que dans la
            ganadería <nevg id="ptd_rsn">PARTIDO DE RESINA</nevg>. Il y a un revers à la médaille :
            l&apos;impossibilité de rafraîchir le sang. Comme souvent, fierté d&apos;un jour
            (devient) faiblesse des lendemains...<pb/>
            <pb/>  Mais, pour finir sur une bonne note, rappelons-nous : ce n&apos;est pas pour rien
            que des figures de la taille des &quot;JOSELITO&quot;, Juan BELMONTE (2 oreilles à
            Madrid), Ignacio SÁNCHEZ MEJÍAS, &quot;CAGANCHO&quot;, &quot;MANOLETE&quot;, Domingo
            ORTEGA, Antonio BIENVENIDA, Rafael ORTEGA, Julio APARICIO, César GIRÓN, Luis Miguel
            DOMINGUÍN et Antonio ORDÓÑEZ (lui plus que tous !) [56 corridas, 45 oreilles et 2 queues
            à eux deux !], Pepe Luis VÁZQUEZ, Paco CAMINO, Diego PUERTA, &quot;MIGUELÍN&quot;,
            &quot;EL VITI&quot;, Ángel TERUEL, CAPEA, &quot;PAQUIRRI&quot;, Dámaso GONZÁLEZ, et même
            &quot;ANTOÑETE&quot; ou &quot;Curro ROMERO&quot; ont toréé ces toros... [<i>La fin du
                XXe siècle ne sera, hélas, pas aussi riche en raison de la généralisation du toro
                standardisé &quot;complice&quot; et de l&apos;ostracisme du mundillo</i> Ni que,
            outre Madrid, des arènes de l&apos;importance de Valencia (98 fois), San Sebastián (67)
            ou Bilbao (84) ont connu tant de temporadas avec une course de PABLO ROMERO... En 110
            ans, le mythique élevage aura fait courir 1.200 corridazs, dont 890 dans des arènes importantes.</txt>
    </encaste>
</toroxml>
