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<toroxml>
    <encaste dateCreation="1792" id="gl" img="../img/enc/gl.jpg" nom="gallardo" rang="03">
        <txt lang="fr">Il faut noter que les castes gallardo et <nenc id="cb">cabrera</nenc> sont
            d&apos;origine quasiment identique au XVIIIe siècle : du bétail &quot;frailero&quot;,
            c&apos;est-à-dire issu de la dîme perçue par les &quot;frères&quot; des congrégations
            religieuses sur les grands propriétaires terriens d&apos;Andalousie (voir la notice en
            italique des <nelv id="crtj">CHARTREUX DE JEREZ</nelv>). Ces deux castes présentent
            aujourd&apos;hui de notables différences, particulièrement au point de vue morphologique
            ; pourtant ce n&apos;est peut-être pas seulement en raison du type de sélection des
            ganaderos au fil du temps : il semble bien que, dès le début, ces deux origines aient eu
            des différences d&apos;aspect assez notables. Même s&apos;ils étaient tous andalous, il
            y avait une telle diversité d&apos;origines dans les toros fraileros (dûe au génotype ou
            au phénotype ? une étude génétique sur ce point ne manquerait pas d&apos;un certain
            intérêt...) qu&apos;il ne devait pas être très difficile de favoriser un type
            morphologique ou un autre.<pb/> Le toro placé ici en en-tête est peint d&apos;après un
            dessin du XVIIIe siècle. On pourra comparer sa morpholgie avec <ill img="cb.jpg"
                type="image">celui-ci, typiquement cabrera</ill>, réalisé à partir d&apos;un dessin
            du XVIe siècle.<pb/> La caste gallardo tient son nom de <nelv id="gl">Francisco GALLARDO
                et ses frères</nelv>, du Puerto de Santa María (<ill img="gl_crt.jpg"
                type="image">pas loin d&apos;Utrera</ill>), qui, à partir de 1792, ont conservé
            leurs toros un demi siècle. Ils pratiquent une sélection rigoureuse et obtiennent
            d&apos;excellents résultats qui leur valent un grand prestige. Malgré ce, les origines
            de cette caste fondamentale sont bien antérieures aux GALLARDO :<pb/> * Elles remontent
            aux frères <nelv id="crtj">CHARTREUX (Cartujos) de Jerez</nelv>, dont le monastère de la
            &quot;Cartuja de Nuestra Señora de la Defensión&quot;, sur les berges du río Guadalete,
            est attesté pour ses toros du début du XVIIème siècle à 1835. Comme bien des religieux
            andalous, ces CHARTREUX créent un troupeau <nenc id="crtj">cartujano</nenc> aux origines
            andalouses les plus prestigieuses... et les plus diverses, grâce à la dîme perçue sur
            les grands propriétaires terriens. Selon toute probabilité, tout ce bétail descend des
            grands troupeaux sauvages paissant plus ou moins librement du côté de TARIFA, et bien
            sûr dans la marisma du Guadalquivir : c&apos;est ce que nous appelons ici les <nenc
                id="tt_a">toros de la tierra d&apos;Andalousie</nenc>. Certains pensent que les
            CHARTREUX ont pu aussi obtenu du bétail par d&apos;autres religieux ganaderos, mais cela
            ne changerait pas grand chose à la nature de leur troupeau : ce sont toujours les mêmes
            origines. Comme ils sélectionnent avec méthode et succès [non seulement les toros bravos
            et les mansos, mais aussi leurs fameux chevaux... cartujanos], on voit grandir leur
            réputation.<pb/> * Du coup, les CHARTREUX trouvent vite des imitateurs, tels les <nelv
                id="dmnc">DOMINICAINS du couvent de San Jacinto</nelv> à Sevilla, attestés pour
            leurs toros de 1762 à 1794 : au XVIIIe (avant 1762, puisque c&apos;est justement la date
            à laquelle on va leur acheter du bétail ), ils acquièrent leur bétail chez les CHARTREUX
            de Jerez et se lancent à leur tour dans l&apos;élevage du toro bravo : ce sera la source
            majeure des gallardo.<pb/> * Enfin, <nelv id="bld_qrs_mcln">Marcelino BERNALDO DE
            QUIRÓS</nelv>, curé de Rota près de Cádix mais d&apos;origine navarraise, possédait déjà
            du <nevg id="bld_qrs_mcln_p">bétail bravo</nevg> de caste <nenc id="nv">navarra</nenc>.
            En 1762, probablement grâce à ses relations ecclésiastiques, il achète du bétail aux
            DOMINICAINS du couvent de San Jacinto. Il vend alors la plupart de ses navarrais à un
            autre ganadero de Rota, <nelv id="trp_f">Francisco TRAPERO</nelv> et croise [dans
            quelles proportions ?] ses vaches andalouses <nenc id="crtj">cartujanas</nenc>, devenues
            &quot;dominicaines&quot;, avec des étalons navarrais : on considère ici qu&apos;il crée
            un encaste <nenc id="gl_0">pré-gallardo</nenc>. Il garde cette ganadería pendant 30 ans
            et arrive à une renommée assez solide pour faire sa présentation à Madrid au bout de 28
            ans.<pb/> * C&apos;est en 1792 que les <nelv id="gl">frères GALLARDO</nelv> acquièrent
            la plus grande partie de la ganadería de Don Marcelino. Ils la garderont presque 50 ans.
            Comme ils n&apos;y ajoutent, semble-t-il, aucun autre bétail, le gallardo sera donc à la
            base une <b>caste andalouse croisée avec du (un peu de ?) navarro</b> :
            &quot;semi-navarraise&quot;, dira-t-on quelquefois chez les PABLO-ROMERO. Cependant il
            faut noter que les frères GALLARDO, dit-on, éliminent la plupart des navarrais (purs ?
            croisés à dominante navarraise ?...) qui restent encore, ce qui ne veut certainement pas
            dire que tout sang navarrais soit éliminé. On souhaiterait mieux connaître ce qu&apos;il
            advint chez Don Marcelino après son premier croisement de base : il a pu garder la
            proportion d&apos;origine en faisant se reproduire seulement des croisés entre eux,
            et/ou renforcer telle composante de base en re-croisant les croisés avec l&apos;une
            d&apos;elles... et/ou avoir gardé à part quelques familles non croisées. En plus, il est
            bien possible qu&apos;il ait fait tout cela à la fois ;  et l&apos;on connait les
            &quot;lois de MENDEL&quot; ! Si l&apos;on commence ainsi, comment s&apos;étonner ensuite
            qu&apos;il y ait tant de &quot;mystères&quot; ganaderos au cours de l&apos;histoire !... <pb/>
            <pb/>
            <b>
                <u>Caractéristiques de l&apos;encaste gallardo</u>
            </b>:<pb/> Par une sélection très soigneuse, les GALLARDO obtiennent d&apos;excellents
            résultats, et ils parviennent à fixer les caractéristiques de leur immense troupeau
            (dans les 1.500 têtes) : c&apos;est ce qui en fait les véritables créateurs de
            l&apos;encaste qui porte leur nom, bien que ses origines soient antérieures. Leur
            prestige devient tel qu&apos;il leur permet de rivaliser avec le dessus du panier : les
            castes <nenc id="cb">cabrera</nenc>, <nenc id="vz">vázquez</nenc> et <nenc
            id="vh">vistahermosa</nenc>, elles-mêmes en pleine période de création.<pb/>
            <pb/> Dans les premières décades du XIXe siècle, il se dit que :<pb/>
            <b>° Pelages fondamentaux</b> : les capes dominantes sont <lex id="pel#ng"
            pel="ng">negro</lex>, <lex id="pel#brd" pel="brd">berrendo en negro</lex> [<i>et en
                colorado, et en castaño ? et en... ?</i>], <lex id="pel#cst" pel="cst">castaño</lex>
            et <lex id="pel#cl" pel="cl">colorado</lex> (on ne voit donc pas encore le <lex
                id="pel#cd" pel="cd">cárdeno</lex>, du moins de manière notable!).<pb/>
            <b>° Particularités du pelage</b> : les plus fréquentes semblent être <lex id="pel#ojng"
            pel="ojng">ojinegros</lex> et <lex id="pel#oj_pd" pel="oj_pd">ojoperdiz</lex>.<pb/>
            <b>° Morphologie</b> : les toros des GALLARDO sont <i>&quot;fins, de bon trapío et
            corpulents&quot;</i> (corpulents : un trait que l&apos;on retrouvera particulièrement
            accentué chez les <nenc id="po_ro">pablorromeros</nenc>, surtout après 1930), ainsi que
            &quot;de grande taille, osseux et longs&quot; (ce qui est moins vrai du futur
            pablofrromero !)... soit de magnifique présentation : qu&apos;on en juge d&apos;après ce
            dessin de mi-XIXe siècle qui montre <ill img="gl2.jpg" type="image">ce toro</ill>
            &quot;issu de Gallardo&quot;. Il est remarquable que, sur un dessin du début des années
            1850, on trouve déjà chez un toro &quot;issu de Gallardo&quot; la caractéristique <ill
                img="gl1.jpg" type="image">tête en trapèze</ill> des futurs pablorromeros ;<pb/>
            <b>° Comportement</b> : qu&apos;ils sont braves, puissants, durs de pattes, rugueux,
            qu&apos;ils conservent du pouvoir et de la charge jusqu&apos;au bout du combat, ce qui
            est rare à cette époque et que l&apos;aficion d&apos;alors apprécie particulièrement
            (autre trait qui se maintiendra chez le <nenc id="po_ro">pablorromero</nenc>). Peut-être
            combinent-ils, du moins en partie, l&apos;imposant physique des toros <nenc
            id="crtj">cartujanos</nenc> et la caste endiablée des &quot;toricos&quot; <nenc
            id="nv">navarrais</nenc> ?<pb/>
            <pb/> Ces toros vont subir encore bien des vicissitudes avant d&apos;aboutir, en partie,
            entre les mains de <nelv id="po_ro1">Felipe de PABLO y ROMERO</nelv>. En 1839/1840 (dès
            1818/1820 pour un lot ; ou même pour deux ?...), les héritiers des frères GALLARDO
            vendent en 3 lots cette fort nombreuse vacada :<pb/>  ° Le 1er lot (de 200 à 300 têtes
            probablement) va, vers 1818 suppose-t-on ici, à <nevg id="mtr_gpr">Gaspar MONTERO</nevg>
            <b>avec tous les droits</b> (dans ce cas, ce seront les seuls droits de Francisco
            GALLARDO !) ; vers 1820, il passera en partie à <nevg id="gil_hrr">Antonio GIL de
            HERRERA</nevg>, qui en 1842 le vendra (quelque 220 vaches de ventre, plus forcément
            quelques étalons au moins) à <nevg id="mra_j">Juan MIURA</nevg>, le fondateur des fameux
                <nenc id="mra">miura</nenc>.<pb/> ° Le 2ème lot, qui comprend quelque 500 têtes
            (excusez du peu !), aboutit entre 1820 et 1838 entre les mains de <nevg id="vrl">Domingo
            VARELA</nevg>, de Medina Sidonia. Il croisera avec du <nenc id="cb">cabrera</nenc>, et
            peut-être avec des bêtes d&apos;autres provenances. Cette branche est totalement éteinte
            aujourd&apos;hui, ce qui est bien dommage, ne serait-ce que pour d&apos;éventuels
            rafraîchissements de sang.<pb/>  ° Le 3ème lot, encore plus important que les deux
            autres (dans les 800 têtes ?), est acquis en 1839/1840 par <nevg id="alvd_eche">José
                Luis ALVAREDA et Pedro ECHEVERRIGARAY</nevg> associés. C&apos;est cette branche qui,
            par <nevg id="eche">Pedro ECHEVERRIGARAY</nevg> (1842), aboutira en 1885 dans les mains
            de <nelv id="po_ro1">Felipe de PABLO y ROMERO</nelv>, mais après bien des vicissitudes
            entre 1842 et 1885. Tandis que la part de <nevg id="alvd_jl">José Luis ALVAREDA</nevg>
            (1842) aboutira, elle aussi, dans les mains de <nevg id="mra_j">Juan MIURA</nevg> en
            1849, sous la forme de 200 vaches et 168 toros. Total : 420 vaches et plus de 168 toros
            gallardos dans la base de MIURA... bien davantage que n&apos;en aura PABLO-ROMERO !!! On
            voit bien la grande proximité génétique entre les <nenc id="mra">miuras</nenc> et les
                <nenc id="po_ro">pablorromeros</nenc> ; surtout si l&apos;on se rappelle que le
                <nenc id="cb">cabrera</nenc> de MIURA a les mêmes origines fraileras que le <nenc
            id="gl">gallardo</nenc>.<pb/> ° Il convient encore d&apos;ajouter un quatrième lot
            hypothétique car certains pensent que le <nelv id="sl_dq">Duque de SAN LORENZO</nelv>
            acquiert aussi, en 1839/40, un peu de bétail qu&apos;il réinjectera en 1864 dans
            l&apos;élevage qu&apos;il achètera aux <nelv id="larz_vd_hjs">Viuda e Hijos de
            LARRAZ</nelv> : dans ce cas, le Duc aura constitué une <nevg
            id="sl_dq_p">&quot;pâture&quot;</nevg>. Ce lot ferait alors partie de la lignée
            aboutissant chez <nelv id="po_ro1">Felipe de PABLO y ROMERO</nelv>.<pb/> C&apos;est dire
            qu&apos;à l&apos;époque moderne, il ne reste de la caste gallardo que quelques traces
            fondues dans la dominante <nenc id="cb">cabrera</nenc> du <nenc id="mra">miura</nenc> ;
            et quelques restes dominants chez le <nenc id="po_ro">pablorromeros</nenc>, mais croisés
            avec diverses origines : <nenc id="vz">vázquez</nenc>, <nenc id="cb">cabrera</nenc>,
                <nenc id="sltl">saltillo</nenc>, plus des traces de <nenc id="jj">jijón</nenc> et de
                <nenc id="nv">navarro</nenc>.</txt>
    </encaste>
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